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Certains modèles de changements globaux suggèrent que dans les prochaines décennies, les écosystèmes marins pourraient subir d’importants changements avec prolifération de plancton gélatineux (méduses) au détriment des populations de poissons et des activités humaines qui les exploitent. Cependant, l’étude des méduses est délicate. MIRETTE propose d’aborder l’impact des changements globaux sur les méduses, et de manière ultime sur les écosystèmes marins, en étudiant la tortue luth, un des rares grands prédateurs naturels des méduses, et par corollaire un bio-indicateur naturel de la distribution et de l’abondance des méduses. La tortue luth Dermochelys coriacea est considérée comme un reproducteur sur capital, c'est-à-dire qu’elle assurerait sa reproduction à partir des réserves corporelles stockées au cours de la migration précédente. Elle est, parmi les tortues marines, l’espèce qui présente les coûts de reproduction les plus élevés. En Guyane, la luth semble toutefois adopter une stratégie intermédiaire, puisqu’elle se nourrirait pendant la saison de ponte. La luth est une espèce migratrice et les femelles gravides montrent deux grandes stratégies de ponte (en pondant tous les 2 ou 3 ans) avec des conséquences sur leur effort reproducteur selon les années. Les luth nidifiant en Guyane montrent par ailleurs au moins deux modes de migration (en allant vers le Nord ou Est). A ce jour, il n’y a eu aucune tentative d’étudier les liens possibles entre les modes individuels de migration et de ponte, les déterminants possibles de ces modes, et leurs conséquences sur la reproduction chez les tortues marines. C’est l’objectif principal de MIRETTE. MIRETTE étudie une population de tortues luth gravides d’identité et d’histoire reproductrice connues nidifiant en Guyane, pour évaluer au cours de saisons de ponte successives leur état morphologique (condition corporelle), hormonal et nutritionnel et les comportements individuels de ponte (durée de migration, nombre d’œufs pondus) et de migration (durée, habitat et comportement de prospection alimentaire), en testant 3 hypothèses principales : - H1 les luth pondant après une migration de 3 ans entament la saison de ponte suivante en meilleure condition que celles revenant après 2 ans, et ont un effort reproducteur plus élevé régulé par leur état nutritionnel et/ou hormonal; - H2 le mode de ponte (2 versus 3 ans) est relié au mode de migration (Nord versus Est); - H3 les luth compenseraient les coûts élevés de la reproduction en s’alimentant pendant la saison de ponte, et ajusteraient l’utilisation de leurs réserves endogènes (maternelles) et exogènes (alimentaires) en fonction de leur état nutritionnel et/ou hormonal et de leur effort reproducteur. |


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Œil de luth |
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MIgration et REproduction chez les Tortues marines: Trajectoires Ecophysiologiques |
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Projet MIRETTE |
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Programme de recherche |